Exposition: « Juifs parmi les Berbères », photographies d’Elias Harrus

Ighil n’Ogho, Anti-Atlas, 1958

La vie menée par les juifs des communautés rurales du Maroc il y a encore une soixantaine d’années n’existe plus que dans les mémoires : mémoire de ceux qui partirent, mémoire de ceux qui restèrent ; et la mémoire visuelle conservée dans les photographies et les mètres de pellicules. Objets personnels, vêtements et outils sont à présent des pièces destinées à être exposées dans les musées ethnographiques.

Les communautés juives des monts de l’Atlas et des oasis du Nord du Sahara ont cessé d’exister vers le milieu des années soixante, en raison des migrations internes ou vers l’étranger, en particulier l’immigration en Israël. Au milieu de la décennie 1940, la région comptait encore  plus de cent cinquante mellahs, quartiers juifs situés dans les villages berbères enclos de murs. Elias Harrus, un photographe amateur, fréquenta ces communautés en tant que représentant du réseau éducatif de l’Alliance Israélite Universelle. Durant plus de vingt ans, il constitua un fonds documentaire de centaines de rouleaux de pellicules photographiques sur la vie des juifs ruraux et leur univers.

Marché hebdomadaire de Demnate, Moyen Atlas, mai 1956

Le point de vue d’Elias Harrus en tant que photographe documentaliste diffère de celui des autres photographes opérant au Maroc à cette époque. Ces derniers étaient d’ordinaire des européens voyageant en tant que chercheurs, collectionneurs ou ethnologues – des étrangers regardant « l’Autre » exotique ; alors qu’Harrus, originaire d’une ville du Moyen Atlas et diplômé de l’école des enseignants de l’Alliance à Paris, appartenait simultanément à deux cultures – l’indigène et l’européenne. Ainsi, en même temps qu’elles témoignent d’un sens inné de la beauté et de la composition, ses photographies reflètent l’empathie et la connaissance intime avec ses sujets.

Cette exposition présentée pour une première fois au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris en 1999 a été organisée en collaboration avec le musée de la Disapora, Beth Hatefutsoth de Tel Aviv.

Archives Municipales, Cloître des Récollets, Metz.

Jusqu’au 6 octobre 2011, du lundi au jeudi de 10hà 17h.

Le livret de l’exposition est d’ores et déjà disponible.

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Sandrine Cocca

Documentaliste aux Archives Municipales de la Ville de Metz

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1 comment

  1. Je suis outrée par le titre de ce livre. Je le trouve très insidieux; on veut à tout prix dissocier les musulmans des juifs. Il s’agissait de juifs berberes et non de juifs parmi les berberes. Partout il y a eu des conversions dans tous les sens, aussi bien des berberes sont devenus juifs que d’autres sont devenus chretiens , musulmans etc…votre titre sous entend que ces juifs berberes n’étaient pas des berberes et sont arrivés là un jour puis reparti, ont vécu à côté,en parenthèse. Ce n’est pas ainsi, au contraire, bien souvent, ces juifs berberes étaient plus berberes que les autres et plus anciennement. La vérité , emet, vous connaissez ? et puis, c’est vraiment mal connaître l’histoire biblique et l’histoire juive.

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