« L’oubli est la mémoire la plus parfaite » dit Jean PORTANTE, qui parle aussi de la langue de ses ancêtres des Abruzzes, comme d’une baleine qui nagerait dans l’autre, celle que l’on dit courante. La première, munie de poumons, est obligée, de venir périodiquement respirer à la surface. Et si la baleine était capable d’ajuster son regard, de voir distinctement les berges de la langue courante, comme les fonds de la langue subaquatique ? C’est peut-être là le secret de ces images, précises, évidentes, inattendues, qui font la pâte de la poésie de Jean PORTANTE.
« quand on arrivait sur l’autre rive et que le chien dormait ou qu’il y avait une lune qui ne regardait pas ou peu ou que son regard – de la lune plutôt que du chien – n’était plus cet appel qui fait respirer les os mais un simple cercle plutôt parfait assis sur le dos des nuages la poussière s’est enfin levée » (La réinvention de l’oubli, au Castor astral).
Jean PORTANTE est cet écrivain né à Differdange, vivant à Paris, qui raconte comment il aurait pu aussi bien naître à Longwy, fils et neveu de petits entrepreneurs ou ouvriers du bâtiment italiens, de ceux qui partout où ils passent, construisent, étendent leur Italie intime. Son œuvre abondante comprend de la poésie, mais aussi des romans et du théâtre. Il est bien connu à Metz et en Moselle, ayant bénéficié, notamment, d’une résidence d’auteur à Florange en automne 2011 qui l’a fait participer à plusieurs événements publics dans ces deux villes.
Il est l’invité de Pontiffroy-Poésie, à la Médiathèque du Pontiffroy, le 8 septembre 2012 à 16h30.
Vincent Wahl
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