Rentrée littéraire : lus et approuvés

Rentrée littéraire intense, plus de 200 nouveaux titres rejoignent le catalogue des bibliothèques-médiathèques de Metz. Premiers romans, sélections des prix littéraires, …. Les bibliothécaires dévoilent leurs coups de cœur.

Ces titres peuvent être réservés dans le catalogue en ligne des BMM et empruntés dans nos médiathèques (inscription gratuite pour tous)

Marianne, bibliothécaire au Sablon

Le courage qu’il faut
aux rivières

Emmanuelle Favier
(Albin Michel)
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Manushe a fait le choix de renoncer à sa condition de femme pour échapper au mariage obligatoire des jeunes filles dans son village des Balkans. Cette vie d’homme et de célibat forcé va vaciller quand un étranger arrive… Liberté, désir, impossibilité de trouver sa place dans une société qui enferme chacun, et surtout les femmes, Le courage qu’il faut aux rivières est un très beau premier roman. Mais Emmanuelle Favier n’est pas novice en écriture et cela se devine avec délice à la lecture !

Annie, bibliothécaire à Bellecroix

La salle de bal
Anna Hope
(Gallimard)
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Anna Hope, inspirée de la vie tragique de son grand-père, nous entraîne dans l’univers d’un asile en Angleterre en 1911. Dans ce milieu carcéral, John, interné pour dépression et Ella, arrêtée pour rébellion à l’ordre établi, vont se rencontrer à la faveur d’un bal proposé chaque semaine par un psychiatre progressiste, seul plaisir accordé aux pensionnaires les plus méritants.
A la faveur de quelques lettres, naîtra une liaison périlleuse et difficile dans ce contexte.
Mais sous la coupe d’un médecin pervers, peuvent-ils envisager un espoir de liberté ?
Ecrit avec simplicité, dans un style plein de grâce, ce roman attachant, tout en profondeur et en fine analyse des personnages, des internements abusifs et de l’eugénisme, se lit d’une traite.

Caroline, bibliothécaire à Verlaine

 Une toile large comme
le monde

Aude Seigne
(Zoé)
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Ils sont community managers,  programmeurs, gamers ; Ils sont la génération Y et leur vie toute entière tourne autour du Web, cette entité abstraite mais pourtant omniprésente, devenue indispensable. Jusqu’au jour où ces trentenaires englués depuis toujours dans « la toile » décident de se lancer dans une entreprise aussi téméraire que radicale…. éteindre internet ! Un roman passionnant qui donne un éclairage sur les fondements physiques, trop souvent ignorés, de l’Internet, de sa réalité corporelle, et de son impact écologique. Un roman qui a le mérite de répondre à des questions qu’à force d’habitude, plus personne ne se pose.

Patricia, bibliothécaire au Sablon

Un fantôme américain
Hannah Nordhaus
(Plein Jour)
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Une enquête historique, familiale et même médiumnique sur Julia Staab : arrière, arrière grand-mère de l’auteure qui, semble-t-il, continue à hanter son ancienne maison, inconsolable et triste ou alors les clichés ont la vie dure ? Hannah Nordhaus va essayer de trouver la vérité avec l’aide de journaux de l’époque, de photos de famille, et de témoignages indirects et c’est passionnant de bout en bout. C’est le premier livre de l’auteur traduit en France.    

Mireille, bibliothécaire à Verlaine

Encore vivant
Pierre Souchon
(Rouergue)
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Que savons-nous de la bipolarité, nous qui n’en souffrons pas ? Quelques anecdotes, ou faits divers, Pas grand-chose en fait ! Pierre Souchon ose, tout raconter, le beau, le merveilleux, mais aussi et surtout, le sale, le sombre, le comment est-ce possible ? C’est l’histoire d’un mec qui a tout, il est beau, jeune, il a un bon travail, une femme riche qui l’aime, il perd tout ça et presque…  Il meurt !

Marie, bibliothécaire à Magny

Point Cardinal
Léonor de Récondo
(S. Wespieser)
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Mathilda vient de quitter ses amis du Zanzibar. Dans sa voiture, elle se démaquille, enlève sa perruque, ses faux cils, puis range ses vêtements dans le coffre. Elle redevient Il. Pour Laurent, il est temps de rentrer dîner auprès de sa femme et de ses deux enfants… C’est avec beaucoup de délicatesse et de pudeur que Léonor de Récondo saisit les tourments qui habitent cet homme. « La vraie question est là. Doit-on être ce que voient les autres, être tel qu’on nous a aimé ? ».  L’heure est venue pour Laurent d’assumer ce qu’il est : une femme, et de trouver le courage d’aller jusqu’au bout de ses certitudes. Un bouleversement pour lui et sa famille, qu’on lit avec émotion, tant l’écriture se fait intime. C’est une belle leçon de tolérance que nous offre ce roman, sur un sujet aussi tabou que celui de la transidentité.

Agnès, bibliothécaire à Jean-Macé

Une histoire des loups
Emily Fridlund
(Gallmeister)
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Emily Fridlund nous offre un récit d’exception alors que c’est un premier roman ! L’histoire et la construction du texte sont originales – elle réussit à nous embarquer presque malgré nous dans un malaise grandissant, elle nous déstabilise volontairement pour notre plus grand plaisir. L’écriture ciselée avec minutie nous fait osciller entre rêve et réalité… À lire d’une traite !

Didier, bibliothécaire à Verlaine

Un certain M. Piekielny
François-Henri Désérable
(Gallimard)
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Un joueur de hockey, bloqué à Vilnius parce qu’il a raté son train pour Minsk, passe devant le numéro 16 de la rue Grande-Pohulanka. C’est ici que Romain Gary a passé une partie de son enfance. Il en parle dans un de ses livres « La promesse de l’aube » et évoque son voisin M. Piekielny. Le narrateur part sur les traces de ce fantôme disparu pendant la Shoah. C’est la traque d’une figure évanescente. Est-ce le bon M. Piekielny, a-t-il même existé ? Avec un humour constant, l’auteur nous plonge dans l’œuvre de Gary et dans la mémoire de Vilnius, la Jérusalem du Nord.

Aurélie, bibliothécaire à Verlaine

Les peaux rouges
Emmanuel Brault
(Grasset)
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« Je m’appelle Amédée Gourd et je suis raciste. Aujourd’hui je ne peux pas le dire alors je l’écris. » Ainsi débute le récit d’Amédée, homme seul, abandonné, vivant auprès de sa grand-mère. Dans une société anti-raciste à l’extrême, il va être condamné pour injure raciale. Afin d’échapper à la prison, il participe à un programme de rééducation où Amédée doit apprendre à aimer son prochain… Dans un langage direct, Amédée parle comme il pense, l’auteur réussit à nous rendre attachant cet anti-héros, certes profondément raciste et haineux mais aussi capable d’aimer. Une fable sur fond de misère sociale, presque drôle et surtout dérangeante.

Anne, bibliothécaire à Jean-Macé

Un vertige
Hélène Gestern
(Arléa)
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Recueil de deux courts récits, ce nouvel ouvrage d’Hélène Gestern offre à la rentrée littéraire un goût d’automne : quand la lumière décline, et que la nature se meurt tout doucement… Une jolie métaphore en somme pour dire la défection amoureuse.

Le premier récit se présente sous la forme de chapitres courts et incisifs, pour narrer des  instants coups de poignards d’une relation amoureuse. Des épiphénomènes qui, mis bout à bout, provoquent un véritable maelström émotionnel. Tout cela est admirablement disséqué pour en saisir la substantifique moelle, dans un style simple et précis. Les mots sont choisis minutieusement pour délivrer une analyse la plus juste possible des sensations ressenties dans son corps et dans son être. Cette écriture acérée vise le cœur des sentiments, non pour se soulager, tel un exutoire, mais plutôt dans le but de poser les choses, pour essayer d’y trouver une logique ou tout le moins une tentative de compréhension.

Le second texte, très différent sur la forme littéraire adoptée, se déroule comme un témoignage ininterrompu, un long fil narratif pour tenter de comprendre ce qui se brise quand il y a séparation. De cet ensemble, qui se répond et se complète admirablement, se dégage une ambiance particulière, sur ce qui unit un temps puis ce qui sépare un couple.

Survivre
Frederika Amalia Finkelstein
(Gallimard)
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Face aux tragiques événements du 13 novembre 2015 à Paris, la narratrice porte la voix d’une jeunesse désenchantée et à terre. A la recherche d’images toujours plus violentes de ces massacres, elle tente d’exorciser ses angoisses. Mais ce voyeurisme outrancier, qui peut paraître malsain, semble cacher un malaise plus profond. Celui d’une jeune fille pleine de désillusions, touchée dans sa chair par le monde qui l’entoure, et qui doit faire face et rester debout. Sa réaction face à ce terrible attentat, mis en parallèle avec la mort naturelle de sa grand-mère, interpelle : la jeune femme paraît plus encline à se recueillir en se rendant devant le Bataclan, qu’à revenir sur les lieux de vie de son aïeule. Un roman troublant, sur le mal-être d’une génération bercée par les vidéos virales du net.

Toutes les familles heureuses
Hervé Le Tellier
(Gallimard)
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Loin de tomber dans les travers de l’autofiction, Hervé Le Tellier livre dans cet ouvrage son vécu familial avec toute la distance et l’humour qu’il convient pour faire de cette lecture un pur moment de bonheur. On ne choisit pas ses parents, comme dit la chanson, et l’auteur en a fait les frais. Pourtant, ici, point de misérabilisme. Avec une pudeur teintée parfois d’une légère amertume, une intelligence et une sensibilité qui lui sont propres,  il nous emmène dans ses souvenirs au fil des mots. Pas de clichés ici, rien que des instantanés, des moments de vie relatés avec beaucoup de justesse. Du grand art et résolument mon coup de cœur de cette rentrée littéraire !

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